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La guerre du pétrole au Venezuela et les "prévisions" 2026

L’extraction et le transport du pétrole sont complexes. Il faudrait investir des milliards de dollars et les pétrolières américaines sont frileuses ne connaissant pas la demande de pétrole dans 5, 7 ou 10 ans.

D’autant plus que le fait d’augmenter la production ferait baisser les prix, ce qui rendrait la nouvelle production non rentable. 

Actuellement, les pétrolières américaines du Midwest raffinent le pétrole canadien : les pipelines sont construits et tout fonctionne efficacement. S’approvisionner ailleurs demanderait des investissements majeurs et des efforts importants. 

Ce n’est donc pas demain matin que le Venezuela remplacera le Canada comme fournisseur.

Pourquoi faut-il prendre les prévisions économiques avec un grain de sel?

Ceux qui me connaissent savent que je ne crois pas aux prévisions économiques. Pourquoi? Parce qu’elles reposent souvent sur une continuité de la fin de l’année précédente ou une récurrence d’événements basée sur certains indicateurs. 

À la fin 2022 par exemple, les taux d’intérêt ont atteint un niveau qui, historiquement, avait toujours entrainé une récession. Pourtant, ce n’est pas arrivé en 2023. Pourquoi? En tant qu’actuaire de formation, ma réponse est simple : l’échantillon était trop petit, car 8 à 12 occurrences ne constituent pas une base statistique crédible. Saviez-vous que sur un groupe de 22 personnes, il y 50 % de chance que deux personnes partagent la même date de naissance? Ou que pour atteindre pile (ou face )10 fois en ligne, cela prend en moyenne 3 heures (1024 tentatives)? Pensez-vous que si vous tournez pile 10 fois en ligne, le prochain lancer aura 100 % de chance d’être encore pile? Non. 

C’est le principal problème de la finance moderne : il n’y a pas assez d’historique de données, alors ce qui semble être certain à 100 % ne l’est pas forcément.

Que nous réserve 2026?

En 2026, on attend une continuité de 2025... Donc une continuité de l’incertitude géopolitique, une inflation légèrement trop élevée aux États-Unis, un marché de l’emploi stable (sans trop de création d’emplois, ni trop de perte de postes), une Réserve fédérale américaine qui devrait être accommodante, et surtout une croissance intéressante des bénéfices des entreprises. 

Dans ce scénario, les marchés boursiers pourraient progresser de 10 %. Est-ce plausible? Oui. Mais est-ce qu’un événement imprévu peut subvenir et chambarder cette prévision? Absolument. 

Et c’est souvent ainsi qu’une chute des marchés boursiers survient.

Quelques indicateurs à surveiller

L’élément principal à suivre pour 2026 – comme toujours d’ailleurs -c’est la croissance des bénéfices des entreprises. Ensuite, le deuxième élément est l’inflation américaine qui ne doit pas dépasser les 3 %. Pour le moment, pas de crainte, elle se situe autour de 2,5 % selon les quatre principales mesures.

Bref, n’investissez pas selon les prévisions économiques, mais bien selon le rendement que vous aimeriez faire à long terme et les variations que vous êtes prêt à tolérer à court terme. 

 

Livre du mois

J’aime beaucoup les biographies. D’ailleurs celle de Nelson Mandela est probablement la meilleure que j’ai lue. 

Pendant les Fêtes, j’ai lu la biographie d’André Agassi et j’ai adoré. Le livre s’intitule « Open ». On découvre tous les sacrifices que font les athlètes professionnels et on comprend que rien n’arrive pour rien, et que tout succès repose sur des efforts incroyables, et évidemment… un peu de talent.

Bonne lecture !

Daniel Dionne

Actuaire de formation et conseiller en sécurité financière - Ellipse Services financiers

Représentant de courtier en épargne collective - Mica Capital inc.

 

* Sources: Livre « The art of Uncertainty » de David Spiegelhalter (pages 72, 73 et 90)

Veuillez noter que ces propos reflètent mon opinion et ne constituent en rien des recommandations d'investissement. La situation financière unique de chacun peut faire varier les choix et solutions appropriées.

Je vous invite d'ailleurs à me transmettre vos questions auxquelles je pourrai répondre dans une prochaine Manchette financière, pour le bénéfice de tous.