Dans ma dernière infolettre, je mentionnais que les crises pétrolières étaient généralement de courte durée. Et bien cette semaine déjà, les marchés boursiers ont atteint de nouveaux sommets. Il semble que les investisseurs s’adaptent à tout et se soient déjà habitués à un pétrole à 90 $ le baril. En observant les contrats à terme du pétrole, on semble anticiper une baisse des prix et un retour à la normale dans les prochains mois. Un dossier à suivre.
Le crédit privé fait jaser
Le crédit privé fait couler beaucoup d’encre ces temps-ci. Et lorsque les médias en parlent, c’est rarement parce que tout va bien. La principale inquiétude concerne l’augmentation potentielle des défauts de paiement, notamment parce beaucoup de prêts ont été accordés à des entreprises de logiciels dont les modèles d’affaires sont menacés par explosion de l’intelligence artificielle.
Le marché du crédit privé a connu une croissance fulgurante depuis 2008. C’est similaire à une obligation publique, sauf qu’il s’agit d’une transaction privée, donc moins liquide et moins transparente. Les investisseurs sont principalement des fonds de pension, des compagnies d’assurance et des investisseurs fortunés. Toutefois, de plus en plus de produits destinés à toutes sortes d’investisseurs émergent.
Comparaison avec les crises de 2008 et 2015-2016
Évidemment, les prophètes de malheur vont brandir le spectre de la crise financière de 2008. Mais la comparaison tient difficilement la route.
À l’époque, la crise touchait le parc immobilier américain dans son ensemble, un secteur d’une énorme ampleur. Aujourd’hui, la taille du marché du crédit privé est bien plus restreinte, et tous les prêts ne seront pas en défaut de paiement. Les craintes concernent essentiellement une industrie, celle des compagnies de logiciels, qui est bien plus petite que l’était l’immobilier américain en 2008.
Par contre, on pourrait faire un meilleur parallèle avec la période 2015 2016. Les entreprises pétrolières américaines avaient alors massivement emprunté pour financer le « shale boom » et une vague de défauts avait suivi. En 2015, certains fonds obligataires avaient enregistré des rendements négatifs, et en 2016, le MSCI mondial avait affiché un faible rendement de 5,1 %. Faible mais pas catastrophique.
Mais pour les prophètes de malheur, ce scénario est moins intéressant que la crise de 2008 — surtout qu’ils ont souvent des stratégies de placements à vendre pour se protéger et éviter une catastrophe.
Livre du mois
Pour celles et ceux qui aimeraient mieux comprendre le monde des placements et le travail des gestionnaires de portefeuilles professionnels, « The Super Analysts » d’Andrew Leeming est une excellente lecture.
Le livre se présente sous forme d’entretiens entre l’auteur et plusieurs des meilleurs analystes des années 90. Bien que le livre ait été publié en 2000, les principes fondamentaux de l’investissement demeurent les mêmes.
Je partage avec vous une citation que j’ai adorée:
“You can be right for the wrong reasons or you can be wrong for the right reasons.”
Autrement dit, tu peux acheter n’importe quelle compagnie en bourse sans aucune analyse et être chanceux, ou subir une perte malgré une démarche rigoureuse
La différence se situe moins dans le résultat que dans le risque encouru.
Bonne lecture!
Daniel Dionne
Actuaire de formation et conseiller en sécurité financière - Ellipse Services financiers
Représentant de courtier en épargne collective - MICA Capital inc.
* Sources : Trouble in private credit (The Economist – 4 avril 2026)
Veuillez noter que ces propos reflètent mon opinion et ne constituent en rien des recommandations d'investissement. La situation financière unique de chacun peut faire varier les choix appropriés.
Je vous invite d'ailleurs à me transmettre vos questions, auxquelles je pourrai répondre dans une prochaine Infolettre, pour le bénéfice de tous.